GV 13 – L’énigme de l’E de Delphes – Chapitre 8

Achevant la discussion sur l’E de Delphes, le discours d’Ammonios sur la nature réelle du dieu refléterait les convictions intimes de l’auteur, certains allant jusqu’à le considérer comme le testament spirituel de Plutarque qui avait atteint un âge avancé. Par conséquent, il s’agit là du passage le plus important du dialogue, tout en demeurant le plus « hermétique » aux yeux des spécialistes. Pourtant, nombre de commentateurs n’ont pas manqué de remarquer l’étonnante concordance entre le « Tu es » qui définit l’Apollon des Grecs et le nom que s’est donné la divinité de l’Ancien Testament : « Moïse dit à Dieu : « Voici, je vais trouver les Israélites et je leur dis : « Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais s’ils me disent : « Quel est son nom ? », que leur dirai-je ? » Dieu dit à Moïse :  » Je suis celui qui est ».(Exode, Chapitre 3, Versets 13 et 14). La réponse reçue par Moïse signifie très clairement qu’en dehors de l’être immuable qui se présente sous les traits de l’Eternel, aucune créature – l’homme y compris – n’existerait au sens propre du terme. Et pour reprendre la fameuse tirade shakespearienne, « être ou ne pas être, telle est la question » (Hamlet, Acte III scène I). Une question qui soulève un problème dont la solution résiderait justement dans l’interprétation du nom révélé à Moïse, celui-ci se résumant aux quatre lettres Yod (10), Hé (5), Vav (6) et Hé (5). Toutefois, il aura fallu attendre le XXe siècle pour qu’un cabaliste s’autorise à briser le sceau du secret, ainsi que le fit Carlo Suarès en effectuant ce décryptage du tétragramme YHWH : « La Qâbala sait fort bien que YHWH n’est pas une divinité mais une immanence contenue en nous, que nous pouvons faire mourir ou naître. Elle peut naître lorsque les deux vies dont sont faites toutes les vies – contenant et contenu – se fécondent en nous mutuellement. Yod : existence, Hé : une vie, Waw : fécondation, Hé : une vie… Et ceci ne peut se produire que chez les humains, parce que chez eux seulement les deux vies de l’être (le contenant et le contenu) peuvent se féconder mutuellement. » Mais avons-nous seulement la preuve qu’un homme ait jamais réussi à concilier l’inconciliable, en opérant la fusion entre le contenu (Esprit) et le contenant (Matière) ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, il semblerait que nous disposions d’une telle preuve, celle-ci ayant été miraculeusement conservée depuis plus de deux mille ans… Les analyses pratiquées sur le linceul de Turin n’ont cessé de révéler des anomalies « non-reproductibles » en l’état actuel de nos connaissances et, rejoignant les conclusions de l’expert judiciaire Grégoire Kaplan, ce commentaire de l’historienne Barbara Frale nous fait pénétrer de plein pied dans le mystère de la plus célèbre des reliques : « On a découvert que l’image n’est pas une photographie : à la différence de la photographie normale, elle contient des informations tridimentionnelles. Il s’agit d’une sorte de projection optique, quelque chose qui, en un certain sens, rappelle l’holographie. L’image, on l’a constaté, s’est formée après les coulées de sang, et le sang déjà présent sur le tissu a fait comme écran, de sorte que sous les taches de sang, le lin ne porte pas de trace de l’image. La recherche pointe aujourd’hui vers de nouvelles hypothèses qui présentent une certaine dose de probabilité. Celle qui retient davantage l’attention suppose l’effet d’une radiation extrêmement puissante, d’une très grande intensité, et d’une durée minimale (quelques centièmes de seconde), capable d’impressionner le tissu et d’en oxyder les fibres de façon superficielle, sans toutefois les brûler : un tel modèle apporterait des explications à un certain nombre de phénomènes qui n’auraient sans cela aucune raison d’être, comme par exemple le fait que l’intensité de l’image est proportionnelle à la distance entre le corps et le tissu. Si les hypothèses se sont multipliées au fil du temps sur la formation de l’étrange image, le fait est qu’aucun chercheur n’est parvenu jusqu’à présent à reproduire un objet doté des caractéristiques propres au suaire. Le phénomène est, aujourd’hui encore, inconnu. »