GV 15 – Etiam Persequetur Pentaculum Lupus

Les écrits gnostiques ne sont pas des récits historiques de la vie de Jésus, mais plutôt des sortes de GV157paraboles, pleines de pensées ésotériques, diffusant souvent un enseignement subtil, voilé de mystères. Ces écrits sont, à l’inverse des évangiles canoniques du Nouveau Testament, souvent dénués de faits historiques sur la vie, le ministère et les paroles de Jésus. Il s’agit d’écrits gnostiques, c’est-à-dire portant sur la connaissance secrète et cachée qui doit permettre aux hommes de découvrir la clé de la transfigura- tion, de l’ascension et de la réintégration. Si dans les évangiles gnostiques nous n’apprenons pas un seul nouveau fait vérifiable sur le ministère du Jésus historique, c’est parce que le but de ces évangiles n’est pas de démontrer l’existence de Jésus, mais bien de relayer sa pensée et son enseignement à travers des paroles complexes, codées, qui sont très subtiles. Si les écrits gnostiques impressionnent, c’est souvent par le ton libertaire qu’ils portent, et par la communication poétique, créative, libératrice qu’ils véhiculent.

Ainsi savons-nous que Jésus a su passer la mort, et il nous expose à travers ces écrits rares comment il est possible, dès ici-bas, pour chacun d’entre nous, d’accéder à la transfiguration. Le christianisme gnostique apporte ainsi des réponses aux grandes questions de la vie, en intégrant les opposés dans le même mouvement : en intégrant l’immensité qui n’existe pas, la compréhension immédiate du tout et du rien dans le même temps et dans le même espace. Le message occulte des cathédrales, des grimoires, le message alchimique, va démontrer ainsi à tous les initiés que nous pouvons ici et maintenant opérer la transmutation, et édifier, dans la justesse, un corps glorieux capable, sur le réveil de l’étincelle divine, de dépasser la mort du corps pour se répandre dans la lumière…

 

 » La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, ceux de la droite et ceux de la gauche sont frères les uns des autres. Il est impossible de les séparer les uns des autres. Voilà pourquoi ni les bons ne sont bons, ni les méchants ne sont méchants, ni la vie n’est vie, ni la mort, mort. C’est pourquoi chacun se dissoudra en son principe initial. Mais ceux qui sont supérieurs au monde ne sont pas soumis à la corruption, éternels. »