GV 13 – Le texte à méditer, La Résurrection de Simon le Mage ; Anonyme

La Résurrection de Simon le Mage. Rafaël de Surtis.

VII. Simon dit encore : « La Vérité ne vient pas du dehors, elle provient du dedans. L’Abraxas est au-dedans comme au-dehors, mais l’homme ne peut l’imaginer. C’est pour cela que l’Abraxas a déposé dans l’être le plus grand de tous les trésors, le trésor précieux de la Révélation. Et la Révélation est au coeur de la Présence, qui est au coeur de la Béance.
GV136 Et la Révélation se nomme Christos. Elle est répandue par le sang, elle entre en nous par le sang même, et c’est avec le sang que nous absorbons la Pierre. Ceci est l’effet de la confection des symboles, de ces symboles qui nous ont été offerts par la Tradition pour nous unir dans la Gnose. Et c’est par tout l’amour que nous portons au fond de nous que chaque symbole se trouve infiniment exalté. C’est ainsi que la Vérité ne vient pas du dehors, et qu’elle provient du dedans. Le Christos, qui est notre Révélation, embrasse par sa nature tous les Anges, tous les mondes, et toutes les créatures, et in nous montre comment les connaître, les aimer, et les sanctifier. Et l’Abraxas paraît alors dans toute sa gloire, par-dessus tout et tous éternellement. Le Christos qui est notre Révélation ne naît pas à Bethléem, mais dans la Béance. »

VIII. Simon dit encore : « Ainsi nous est-il accordé de chercher la Vérité, d’éprouver dans la Béance l’immensité de l’Abraxas, et sa Présence dans le néant, comme son absence dans la pleine totalité de l’infini. Oui, la Vérité ne vient pas du dehors, elle provient du dedans. Et comme nous trouvons le Trésor de Sa Parole, de ce Logos primordial descendu dans la matière, nous trouvons le signe ascendant, le Chemin et la Voie. C’est ainsi l’heure de nous réveiller, avant l’aube, pour nous préparer à voir au-delà des ténèbres, après notre nuit. La Lumière va se propager avec les rayons du soleil, du rayon immanent jusqu’à la conjonction transcendante. Loin des excès, dans le silence, nous trouvons la Porte. Elle ouvre sur toutes les étoiles du ciel et sur tous les royaumes du monde. Si nous ne découvrons pas le creuset, cette croix plantée en notre coeur, nous ne pourrons faire la Pierre et transformer notre sang. L’Abraxas ne vient pas avec la foudre et le fracas et l’on ne peut dire s’il est ici ou bien là. Mais nous éprouvons qu’il est au milieu de nous, au milieu du creuset, au fond de nous. Si nous n’obturons pas la Porte, il se manifestera dans la quiétude étrange de la Béance. »

Le texte présenté dans ce livre pour la première fois dans sa version intégrale est extrait des archives de l’Eglise Apostolique Templière Gnostique et Johannite. Il circule sous le manteau depuis le milieu du XIXe siècle, et est attribué au Patriarche Gnostique templier Bernard-Raymond Fabré-Palaprat (1773-1838) continuateur de l’Ordre du Temple. Pourtant, il ne semble pas que ce soit Fabré-Palaprat lui-même qui en soit l’auteur véritable, comme l’influence alchimique de cet écrit fait plutôt penser aux pratiques occultes de la Rose+Croix, et des travaux spirituels ésotériques des Eglises Gnostiques qui s’inscrivaient dans cette lignée. Ce qui est certain, c’est que cet opuscule a rencontré un certain succès chez tous les adeptes du christianisme gnostique traditionnel, en particulier chez les clercs qui utilisent la Voie Sacerdotale comme moyen essentiel de recherche spirituelle et d’approche dans la réalisation du Grand Oeuvre philosophal.

C’est donc sous la protection de l’Ordre Préservé de la Rose+Croix d’Orient que ce texte est aujourd’hui publié aux éditions Raphaël de Surtis (15 €).

« Loin des excès, dans le silence, nous trouvons la Porte. Elle ouvre sur toutes les étoiles du ciel et sur tous les royaumes du monde. »

« La Résurrection de Simon le Mage (Arcane VIII) »